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 Combat des algériennes de 1962 à 1991

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Militante-Aldrina
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Militante-Aldrina


Nombre de messages : 124
Localisation : Algérie
Date d'inscription : 11/12/2008

Combat des algériennes de 1962 à 1991 Empty
MessageSujet: Combat des algériennes de 1962 à 1991   Combat des algériennes de 1962 à 1991 EmptyMar 23 Déc - 18:52

CHRONOLOGIE DU MOUVEMENT DES FEMMES ALGERIENNES DE 1962 à 1991




.Combat des algériennes de 1962 à 1991 Apel_manif1.



.De l'indépendance de l'Algérie en 1962 aux années quatre-vingt le mouvement des
femmes algériennes ne pouvait émerger de la gangue imposée par le parti unique, le FLN.
Malgré des conditions politiques très dures (absence de libertés collectives et
individuelles), il y eut des moments où les Algériennes ont exprimé publiquement leurs
aspirations à une situation non discriminatoire. La période de la maturation du
mouvement. Au cours de cette période le mouvement des femmes algériennes va se heurter
aux limites du cadre imposé par l'Etat-FLN à savoir l'Union des femmes algériennes
-UNFA- créée le 19 janvier 1963, et élaborer ce qui va constituer le cœur des
revendications à venir : l'aspiration à un statut de citoyenne à part entière.
La grande manifestation du 8 mars 1965


Durant cette journée, les femmes manifestent pratiquement toute la journée, se
retrouvent dans une salle où elles expriment de fortes revendications pour leurs droits,
soutenues de façon démagogique par le Président Ben Bella qui n'a toujours rien fait
pour changer la situation des Algériennes. Il faut lire les ouvrages de Fadéla M'Rabet
Les Algériennes écrits en 1965 et 1966 pour se rendre compte que l'indépendance n'a pas
produit d'effet sur la condition des femmes. En Tunisie, au contraire, dès
l'indépendance, en 1956, le Président Bourguiba va promulguer le code de statut
personnel qui est en avance sur les pratiques sociales et coutumières.
Le débat autour du code de la famille en 1966


Des rumeurs annoncent l'adoption d'un projet de code de la famille dont la lecture
permet de n'avoir aucun doute sur les intentions des dirigeants algériens : il n'y aura
pas de modification de la hiérarchie familiale qui maintient les femmes dans la
soumission aux hommes de la famille. Dans les milieux universitaires et au sein de l'UNFA
on s'agite ce qui contraint le Président Boumédiene à déclarer le 8 mars 1966 :
"Certaines rumeurs circulent depuis quelque temps à propos du code de la famille...
Le code appelé à paraître est celui de la préservation du droit de la femme et de la
famille algérienne". Finalement il n'est pas donné suite à ce projet.
Nouveau débat autour du code de la famille en 1973


Durant les mois de février et mars 1973, nouveau débats autour d'un avant-projet de
code de la famille qui est jugé insatisfaisant par les femmes étudiantes, juristes et de
l'UNFA qui le dénoncent et rejettent des dispositions comme la dot, l'interdiction du
mariage avec un étranger, la polygamie, les conditions du divorce pour les femmes etc...
Face à cette opposition, le projet est enterré.

La période de construction du mouvement indépendant 1979-1985


L'interdiction de sortie du territoire faites aux femmes non accompagnées d'un tuteur
masculin. Durant l'été 1980 et jusqu'en février 1981 où la pratique est
systématisée, de nombreuses femmes sont interdites de sortie du territoire national
parce qu'elles ne sont pas accompagnées d'un tuteur mâle. Des femmes vont s'organiser,
hors de tout cadre syndical ou d'organisation de masse pour demander la levée de cette
mesure. Des milliers de signatures sont rassemblées et portées au Président de la
République. Le 8 mars, au cours d'une rencontre à l'Université d'Alger où des
centaines de femmes sont réunies pour célébrer la Journée internationale des femmes,
les autorités annoncent que la mesure est levée. Si les femmes avaient laissé faire à
ce moment, les Algériennes seraient aujourd'hui obligées de voyager accompagnées par
leur mari, père, et pourquoi pas leur fils !

Le projet de code de la famille


En février 1979 un avant-projet de code de la famille est élaboré au ministère de
la justice. Malgré de multiples demandes des femmes exprimées dans différentes
structures (syndicales, UNFA...) le projet n'est pas rendu public. Il est soumis en
septembre 1981 à l'Assemblée populaire nationale -APN-.

Trois grandes manifestations d'octobre 1981 à décembre 1981, à un moment où seules les
organisations du pouvoir ont droit à l'activité et à la parole publiques, vont se tenir
devant l'Assemblée pour y déposer une pétition ayant rassemblé des milliers de
signatures. Le texte dénonce le secret qui entoure l'adoption de ce projet de loi et
demande son retrait. Les moudjahidate qui ont rejoint le mouvement demandent en janvier
1982 au Président Bendjedid de retirer le projet de code de la famille et énoncent les
six points qui devraient fonder tout texte régissant les relations familiales (monogamie,
droit inconditionnel au travail, partage égal du patrimoine, égalité de l'âge de la
majorité matrimoniale, égalité en matière de divorce, protection efficace de l'enfance
abandonnée). Le projet de code est retiré.

Mais en 1984, à la faveur d'une vaste opération de répression menée dans tous les
milieux politiques, et qui laisse l'Algérie sans voix, le code de la famille est adopté
en juin par l'APN composée uniquement de députés FLN.

En mai 1985 est créée la première association indépendante : l'Association Pour
l'Egalité devant la Loi entre les Hommes et les Femmes -APELHF-. Elle ne sera légalisée
qu'en 1989.

La période de l'affirmation publique du mouvement indépendant 1988 - 1991


Les manifestations d'octobre 1988 vont permettre une libéralisation de la vie
politique. La Constitution va entériner ce qui s'est affirmé depuis des années, c'est
à dire la volonté des citoyens d'exercer leurs droits civiques dans la liberté. A la
faveur de ce mouvement de nombreuses associations de femmes se créent. Outre
l'association pour l'égalité entre les hommes et les femmes -AELFH-, citons
l'association pour l'émancipation de la femme -AEF-, l'association pour la défense et la
promotion des droits de la femme -ADPF-, l'association indépendante pour le triomphe des
droits des femmes -AITDF- Ces associations ont en commun les revendications suivantes :
l'abrogation du code de la famille, la promulgation de lois égalitaires.

Défense de la mixité dans les établissements scolaires et du sport féminin : Les
associations de femmes, dans une déclaration commune du 20 juin 1989 dénoncent "les
tentatives de l'APN de supprimer le sport féminin ...et la transformation de l'école en
un lieu de matraquage idéologique". Une manifestation est organisée le 2 juillet à
Alger devant le siège de l'APN.

Dénonciation des violences faites aux femmes et que le gouvernement Hamrouche laisse
faire : en juin 1989 la maison d'une femme divorcée est brûlée à Ouargla et son fils
de trois ans périt dans l'incendie; des étudiantes sont agressées à Blida par des
islamistes qui veulent les empêcher de sortir le soir, à Bou Saada, les maisons de cinq
femmes qui vivent seules sont incendiées. Les associations de femmes organisent des
rassemblements le même jour, le 23 novembre 1989, à Alger, Oran et Annaba, pour
protester contre "l'escalade de la violence, et de l'intolérance à l'égard des
femmes".

Méthodes d'action : rassemblement, manifestations sur la voie publique et délégations
auprès des autorités sont le fait de plusieurs associations réunies pour la
circonstance. Ces actions menées en commun et notamment la célébration de la Journée
internationale des femmes du 8 mars 1989, vont pousser les associations à mener plus loin
leurs liens et une Coordination nationale réunissant plus de 14 associations et divers
groupes embryonnaires venus des quatre coins d'Algérie (Alger, Oran, Constantine, Oran,
Tizi Ouzou, Mostaganem...) traite pendant deux jours, les 30 novembre et 1er décembre
1989, des problèmes auxquels sont confrontées les Algériennes et élabore en commun une
plate-forme. Elle se réunit régulièrement jusqu'à la fin de 1991.

La reconquête du droit de vote


Le droit inconditionnel de vote est l'un des points abordés par la Coordination. La
nouvelle loi électorale élaborée en 1989 permet à un homme, non seulement de détenir
jusqu'à cinq procurations mais aussi de voter à la place de sa femme sur simple
présentation du livret de famille. Pendant deux ans, l'action déterminée et unitaire
des associations de femmes va aboutir à ce que le vote à la place du conjoint soit
déclaré inconstitutionnel et que le nombre de procurations soit limité à une par
personne et l'utilisation de la procuration strictement réglementée.

Le résultat du premier tour des élections législatives du 25 décembre 1991, qui a vu
le FIS remporté plus de 47 % des sièges de la future Assemblée, est le point de départ
d'une divergence dans le mouvement des femmes entre celles qui soutiennent
inconditionnellement le pouvoir dans son opération d'arrêt des élections par peur du
mouvement islamiste et celles qui expriment leur crainte de se faire utiliser, de servir
de masse de manoeuvre.

Il est vrai que la violence qui se développe de plus en plus jusqu'à atteindre le niveau
actuel a eu pour conséquence de ralentir l'avancée du mouvement des femmes d'une part
parce qu'il perd son unité et d'autre part parce que les conditions de l'action politique
sont rédhibitoires. Mais le mouvement des femmes tend aujourd'hui à se ressaisir et à
se recomposer autour de ses propres préoccupations.
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